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Archives pour février 2009

Fabriques, Fabriciens et Marguilliers

Yvette a eu accès à plusieurs cahiers de la paroisse de Marcolès déposés à la Mairie, ces cahiers contiennent les délibérations du conseil, le détail des recettes et des dépenses de la Fabrique de l’église Saint-Martin de Marcolès.

Histoire Brève des Fabriques d’Eglise 

La création des Fabriques remonte aux premiers siècles de la chrétienté, la Fabrique administre le bâtiment de l’église, entretien inclus. Au IVéme siècle, les revenus de l’église étaient divisés en quatre parts dont une allait à la Fabrique. D’après le droit canon ancien, l’administration de cette part était confiée au clergé, sous le contrôle de l’Évêque. Ce droit ne fût pas toujours respecté, lorsqu’un seigneur fondait une église/chapelle privée, il se réservait tous les pouvoirs d’administration. A partir du XIIème siècle, l’usage s’est introduit d’associer des laïcs. 

Cette pratique s’étendit des villes vers les campagnes où des Fabriques furent constituées par des laïcs, souvent des notables en collaboration avec le curé. Au XVIème siècle, cette évolution fut consacrée par le Concile de Trente (1545-1563).  La révolution française les supprima par la loi du 19 août 1791 qui mit les biens ecclésiastiques à la disposition de la Nation, excepté les biens des fabriques et par le décret du 13 brumaire an II (3 novembre 1793) qui fit propriété nationale, tous les actifs des fabriques. 

Mais après de violents remous, Les Fabriques furent rétablies par le Concordat entre le Pape Pie VII et Napoléon Bonaparte, premier consul. La loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) précise « qu’il sera établi des Fabriques, pour veiller à l’entretien et à la conservation des temples, à l’administration des aumônes ». Pour leur donner un patrimoine, le décret du 7 thermidor an IX (26 juillet 1803) décide de « rendre à leur destination les biens des Fabriques non aliénés ».  Le 9 décembre 1905, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, supprima les Fabriques définitivement en France, sauf dans les trois départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin où les Fabriques subsistent comme établissements publics. L’Alsace et la Moselle n’étant pas françaises au moment de la promulgation de la loi de 1905, celles-ci ont encore aujourd’hui un statut spécial, dernier héritage du Concordat, les évêques et les prêtres sont assimilés à des fonctionnaires et l’entretien des bâtiments payés par l’État. Les Fabriques subsistent également en Belgique et au Québec.

Fonctionnement d’une Fabrique

La Fabrique est l’établissement qui représente et administre les intérêts temporels d’une église publique, qui peut acquérir, aliéner, administrer les biens. Toute paroisse est dotée d’un conseil de Fabrique, qui gère tous les biens et revenus de la paroisse. Constructions, réparations et entretien des églises lui incombent.

Dans les paroisses, le conseil de Fabrique se compose de 7 à 11 membres. Le curé et le maire après la révolution sont membres de droit (Ils ne sont pas soumis à l’élection). Avant la révolution, le Seigneur de la place pouvait y assister comme principal habitant de la paroisse, sans droit à la présidence.  Les autres membres sont renouvelables par moitié tous les 3 ans, le dimanche de Quasimodo*. Ils furent désignés par les paroissiens puis nommés par les membres du conseil restants. 

Les fabriciens sont pris parmi les « notables », sont catholiques, domiciliés dans la paroisse. Rien ne s’oppose à ce qu’un homme qui ne sait ni lire ni écrire, fasse partie d’un conseil de fabrique. S’il n’arrive pas à apprendre à signer, « la croix traditionnelle attestera sa présence ».  Les recettes de la Fabrique sont les revenus des biens immeubles, produit des rentes, location des bancs et chaises de l’église, produit des quêtes, des troncs, des inhumations, dons et legs. 

Les Marguilliers sont nommés annuellement parmi les membres du conseil de fabrique d’une paroisse. Ils sont au nombre de trois et composent un bureau sous le titre de président, secrétaire et trésorier ; les marguilliers sont chargés de dresser le budget de la fabrique, de préparer les affaires qui doivent être portées au conseil, d’exécuter ses délibérations et de diriger l’administration journalière du temporel de la paroisse. 

Au-delà de la gestion matérielle, le Conseil de Fabrique assure de son soutien la vie de l’église du diocèse et celle des diverses équipes paroissiales. Toute gestion doit être transparente et soumise à contrôle. La vérification des comptes se fait annuellement par l’Evêché.

Note * : Quasimodo est une fête religieuse, nommée d’après les premiers mots latins quasi et modo, qui commencent la messe de ce jour, le premier dimanche après les Pâques chrétiennes (Quasi modo geniti infantes… : « comme des enfants nouveau-nés… »). La fête est aussi appelée in Albis (en blanc), car les néophytes, adultes baptisés durant la vigie Pascale, participent à la messe en revêtant traditionnellement une aube blanche..

La Fabrique de Marcolès

Quelques résumés de documents relatant la vie de la Fabrique ;

10 août 1783, réunion extraordinaire de la Fabrique devant le conseil et d’autres témoins de la paroisse convoqués au son de la cloche à l’issue de la grande messe. Sieur Jean Pierre Courbaise, avocat au parlement et Sieur Pierre Maubo marchand, qui avait été chargés de la fabrique de Marcolès par acte devant Me Labertrandie notaire le 27 octobre 1772, demandent à être déchargé de leurs fonctions. Ils restituent devant l’assemblée « les comptes exacts et précis de leur régie et administration les mêmes qu’ils ont déjà rendu devant Me Teillard vicaire général de Monseigneur l’Evêque de St Flour et son visiteur de la paroisse le 25 juillet dernier ».Les recettes consignées dans le livre de Fabrique se montent à 2 734 livres 14 sols et 9 deniers. Après quittances, mémoires et ajustements, le reliquat de 580 livres et 20 sols est remis en espèces sonnantes devant notaire et témoins à Sr Jean Veaux marchand du village de Moujac et Sr Louis Falissard marchand de Marcolès, nommés en lieu et place des Sieurs Coubaise et Maubo. 

Suit la liste des membres du conseil et des témoins dont : Me Antoine Madamour docteur en théologie, curé de ce lieu, Me Astorg Bouissou notaire royal, Sr Pierre Devés bourgeois du village de Laroque, Pierre Valadou marchand du village de Teulade, Jean Lantuejoul marchand du village de Mily, Sr François Pichot Maître chirurgien, Pierre Berchet Maître serrurier, Pierre Gauzou marchand du village de Blancou, Antoine Lantuejoul du village de la Morethie, Antoine Clary, Guillaume Souquieres du village du Capello, Joseph Falissard, Jean Puech ……    

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1er janvier 1807, Sieur François Louis de Méallet, résidant au château du Faulat veut jouir toute sa vie durant d’un banc placé dans la chapelle Ste Anne, jouissance lui est accordée contre paiement annuellement de la somme de 6 francs à la Fabrique tant pour lui que son fils Louis de Méallet.  Le même jour, Sr Guillaume d’Humieres, résidant au château du Poux obtient la jouissance d’un banc dans la même chapelle contre la même somme annuelle. 

14 juillet 1827, devant Me Chaumont notaire, Jean Cantournet propriétaire et cultivateur à Lamoretie renouvelle l’acquittement d’une rente obituaire et annuelle de 9 francs, qu’il veut à perpétuité. A la sûreté du présent renouvellement, Jean Cantournet soumet à hypothèque son domaine de Lamoretie composé de maison, grange, prés, terres et bois. Devant Jean Louis Vidalenc trésorier en exercice, Sr Jean Olivier docteur en chirurgie et Louis Lacaze. 

Dépenses de 1855, nous notons parmi cette liste : 

17 juin : à Garrouste pour 2 kilos de couleur verte pour la grande porte  4.65 francs 

17 juin : à Piganiol pour 4 journées au toit de l’église et au clocher  8 francs 

28 juin : à l’occasion de la procession au Fraysse  7 francs 

12 juillet : à Georges Pons pour travail à la grande porte  1.65 francs 

14 juillet : à Brasquier pour 1.5 litre d’huile pour délayer la couleur du portail  2.25 francs 

13 octobre : 2 nappes d’autel   8.40 francs 

25 octobre : au forgeron pour la ferrure du portail de l’église   179.45 francs 

25 octobre : Huile pour la lampe  11.45 francs 

Au 25 octobre 1855, le montant des dépenses de l’année était de 790.90 francs. 

8 janvier 1893 : Procès verbal de l’installation de Monsieur l’abbé Jean Gauzentes, nommé curé de la paroisse par Monseigneur Jean-Marie François Lamouroux, évêque de Saint Flour. Signé par l’abbé et les membres du bureau de la Fabrique. 

9 avril 1893, dimanche de Quasimodo, le conseil de la Fabrique se réunit au presbytère lieu ordinaire des séances, après la grande messe.  Etaient présents : MMr Théodore Cantournet adjoint, Georges de Verdelon, Georges Bronner, Alexis Théron, Guillaume Figeac, Philippe Valadou, Jean Gauzentes curé.  Le conseil procède à l’élection annuelle de son président et de son secrétaire, puis le bureau des Marguilliers s’est ainsi constitué : Mr Valadou président, Mr Bronner trésorier et Mr Figeac, membre sortant réélu et nommé secrétaire. 

Le conseil s’est ensuite occupé du règlement du compte de l’exercice 1892. Les recettes se sont élevées à la somme de 1 241 francs, les dépenses à la somme de 1 260, d’où un déficit de 19 francs qui formera le premier article des dépenses de 1894. 

Le président soumet le projet de budget 1894 établi par le bureau des Marguilliers, il porte sur une somme de 1 194 francs discutée article par article et approuvé.  Monsieur le président propose au conseil de donner enfin satisfaction à la paroisse qui demande une chapelle en l’honneur de Saint-Martin, patron de l’église de Marcolès. Grâce à des dons particuliers, elle a pu être réparée et agrandie l’année dernière. « La population compte maintenant sur le conseil de Fabrique pour l’achat d’un autel et l’ornement de la chapelle afin de traiter convenablement les insignes reliques que toutes églises nous envient … La chasse qui contient les précieuses reliques est vermoulue et il est urgent de la remplacer ». Le conseil vote à l’unanimité ces propositions, et autorise le président à faire les démarches pour demander l’aliénation du titre nominatif de rente française no O.052.234 série V. Il vote pour 3 000 francs en 2 ans pour l’autel, la chasse et l’embellissement de la chapelle.  Une demande de financement sera faite au conseil municipal, s’il le vote, les fabriciens leur seraient reconnaissants et conserveraient le titre. Le conseil vote aussi 50 francs que l’organiste réclame pour son traitement qui est inscrit au budget.

Les sujets à soumettre à délibérations étant épuisés, les membres signent après lecture dudit et le président lève la séance. 

En 1902 la contribution des paroissiens pour la location des chaises de l’église a rapporté 82, 50 francs.

Ces livres de Fabrique comme les délibérations des conseils municipaux du XIXéme siècle, sont des archives incontournables pour mieux appréhender et comprendre la vie communautaire de nos ancêtres. 

Bibliographie :

Les Cahiers de la Fabrique de Marcolès

L’histoire des fabriques paroissiales par l’abbé Yvon Marcoux, prêtre et canoniste – http://www.gaudium-et-spes.net/droit/fabrique.html

GSDS-MC/YS2009 

Denis Souquieres de Fournoulès

Le 26 octobre 2008, nous avons publié un article relatant la mort accidentelle de Denis SOUQUIERES lors de son retour de St Constant à Fournoulès le 30 septembre 1905, dans des circonstances contre-versées. Nous ne connaissions pas son ascendance, Jacques a trouvé la clé en étudiant la commune de Fournoulès. La base Souquieres a 3 couples Souquieres-Bouquier qui font doublons avec quelques erreurs et un couple Denis Souquieres-Christine Roux à la même époque à Fournoulès :

Constat :

A Fournoulès le 20/08/1893, décès au chef-lieu de Christine BOUQUIER, 58 ans, fille de Jean et Marie BOYER, épouse de Denis SOUQUIERES.

En 1905 à Fournoulès, transcription du décès, survenu à Saint-Constant le 30 septembre 1905, de Antoine ou Denis SOUQUIERES, cultivateur au chef-lieu de Fournoulès, 70 ans, né à Montsalvy, fils de Joseph et Anne MAS, veuf de Christine BOUQUIER, qui est décédé près de la Fleurette.

Première conséquence : Rectification d’une filiation

Les parents de Christine BOUQUIER ont été attribués à tort à Denis SOUQUIERES.
En réalité, Denis (né Antoine) SOUQUIERES, né vers 1835, est fils de Joseph SOUQUIERES et Anne MAS, qui appartiennent à la branche B.
Nous avons donc maintenant la filiation correcte de Denis SOUQUIERES.

Deuxième conséquence : Découverte d’un premier couple doublon

Le couple Joseph SOUQUIERES-Anne MAS est dans le fichier. Il a 10 enfants, les deux derniers étant prénommés Antoine :
Le premier Antoine, né le 30 juin 1830 à Mourjou a épousé Jeanne GARROUSTE en 1851 à Cassaniouze, puis Jeanne REGIS en 1867 à Fournoulès.
Le second Antoine est né le 14 septembre 1835 à Sansac-Veynazès et a épousé Anne BOUQUIER à Saint-Santin (Aveyron) le 17 septembre 1859. L’acte de mariage précise bien, que Anne BOUQUIER est la fille de Jean et Marie BOYER.
Par conséquent le couple Denis SOUQUIERES-Christine BOUQUIER est en réalité le couple Antoine (dit Denis) SOUQUIERES-Anne (dite Christine) BOUQUIER de la base.
Il convient donc de supprimer le second couple, et d’ajouter son enfant, Léon Joseph Marie né à Saint-Santin en 1859, à ceux du premier
Après vérification des actes Antoine (ou Denis) SOUQUIERES est né à Sansac-Veinazès le 13 septembre 1735, et non à Montsalvy tel que déclaré à son décès.

Troisième conséquence : Deuxième couple doublon

Dans le fichier, il y a un autre couple Antoine SOUQUIERES-Christine BOUQUIER qui a eu une fille Marie Françoise, née à St-Santin le 01/12/1861. Il s’agit du même couple que précédemment, qui a habité à Saint Santin avant d’aller à Fournoulès.
Il convient donc de supprimer ce couple de la base et de rattacher sa fille au couple Denis SOUQUIERES-Christine BOUQUIER.

Quatrième conséquence : Troisième couple doublon

L’analyse des actes de Naissances et Décès des 3 enfants du couple Denis SOUQUIERES-Christine ROUX donne les résultats suivants :

Michel : né le 10.09.1865, fils de Denis et Christine ROUX - décédé le 05.09.1868, fils de Denis et Christine ROUX

Justin Fréderic : né le  22.05.1867, fils de Denis et Christine ROUX – décédé le 09.07.1869, fils de Denis et Christine BOUQUIER

Anne Lucie : née le 29.11.1868, fille de Denis et Christine ROUX – décédée le 07.06.1870, fille de Denis et Christine BOUQUIER

Les âges aux décès correspondent, Christine ROUX et Christine BOUQUIER sont la même personne. Ce couple peut être fusionné avec ses enfants au couple Denis Souquieres-Christine Bouquier.

En conclusion : Antoine dit Denis Souquieres, fils de Joseph et Anne Mas a épousé le 17 septembre 1859 à Saint Santin (Aveyron) Anne dite Christine Bouquier. Denis a séjourné après son mariage à Saint Santin, en 1863 il s’est installé avec sa famille à Fournoulès où ses parents habitaient. Denis et Christine ont eu 10 enfants dont les 7 derniers sont décédés en bas âge. Denis appartient à la branche B de la généalogie Souquieres.

Un mystère subsiste : de 1863 (arrivée à Fournoulès) à 1869, son épouse a porté le nom de ROUX au lieu de BOUQUIER. Erreur systématique de l’officier d’état civil, à moins qu’il y ait une autre raison plus obscure ….

GSDS- MC/JR2009

1914 – Souquieres blessé au Maroc

Un article du Journal La Croix du Cantal du 16 juin 1914, trouvé par Yvette aux Archives Départementales, témoigne de la campagne du Maroc du lieutenant Marie Sylvain André Souquieres.    

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Marie Sylvain André Souquières naît le 9 mai 1885 à Aurilllac de Jean Antoine et de Marie Louise Jeanne Soulié.

 Etudiant à Toulouse il est incorporé au 36ème Régiment d’Artillerie le 7 octobre 1906 comme 2ème canonnier conducteur. Il est nommé brigadier en 1907, puis un après, Maréchal des logis. A la fin de sa période, il s’engage pour un an et se rengage le 1er octobre 1909, où il est admis comme élève officier à l’école d’Artillerie et de Génie.

Promu sous-lieutenant en 1910, il est nommé lieutenant le 1er octobre 1912 avant d’être transféré au 1er groupe de campagne d’Afrique, qui est détaché en Algérie et au Maroc.

Il participe sous les ordres du général Gouraud à la prise de Taza qui contrôle la gorge de liaison entre les parties occidentale et orientale du Maroc.

Il est blessé le 12 mai 1914 dans les engagements pour réduire la résistance des tribus Tsouls dans les massifs environnants.

    

Les tensions au Maroc : prémices de la Grande Guerre    

Au début du XXème siècle les puissances européennes s’affrontent pour l’expansion de leurs colonies. Les derniers territoires indépendants en Afrique en sont les enjeux.  Après la crise de Fachoda (Egypte) qui faillit provoquer une guerre Franco-Britannique en 1898, l’entente Cordiale entre ces deux nations en 1904 dévoue le Maroc à la France en échange de l’Egypte à la Grande Bretagne. Seuls 3 états indépendants subsistent en Afrique : la Lybie, l’Ethiopie et le Maroc. Les visées italiennes sur les deux premiers territoires empêchent les puissances de s’y attaquer (la France et l’Allemagne souhaitent ménager l’Italie, en vue d’un éventuel futur conflit). Reste donc le Maroc, mais le sultanat souhaite conserver son indépendance, et ce malgré l’installation de comptoirs français. Le 31 mars 1905, en vue de prévenir la mainmise de la France sur le Maroc, l’empereur d’Allemagne Guillaume II débarque théâtralement à Tanger, au Nord du sultanat, traverse la ville à cheval, à la tête d’un imposant cortège, va à la rencontre du sultan pour l’assurer de son appui et lui faire part de son désaccord face aux droits concédés à la France sur le Maroc. Il est prêt à entrer en guerre si la France ne renonce pas à ses ambitions marocaines. Le sultan impressionné par ce discours décide de refuser toutes les réformes précédemment conseillées par Lyautey. Du 7 janvier au 6 avril 1906,se tient à Algésiras, au sud de l’Espagne, une conférence internationale sur le Maroc afin d’apaiser les tensions entre les différentes puissances européennes qui se disputent le pays. Cette conférence confirme l’indépendance du Maroc, mais rappelle le droit d’accès de toutes les entreprises occidentales au marché marocain, et reconnaît à l’Allemagne un droit de regard sur les affaires marocaines. Toutefois, au grand dam de l’Allemagne, la France et l’Espagne se voient confier la police des ports marocains et un Français est chargé de présider la Banque d’État du Maroc. De 1906 à 1911, la crise semble réglée, mais le problème principal reste entier : le Maroc est toujours indépendant, et est désormais convoité par trois puissances : l’Allemagne, la France et maintenant l’Espagne.    

Le protectorat français et les Révoltes

En mars 1911, une révolte éclate et le sultan, assiégé à Fès, demande l’aide de la France, les Français débarquent à Casablanca, puis occupent Oujda, Casablanca et Fès. En juillet 1911, l’Allemagne provoque un incident militaire et diplomatique avec la France, en envoyant un navire de la marine de guerre allemande dans la baie d’Agadir. Aux termes d’âpres négociations, l’Allemagne renonce à être présente au Maroc en échange de territoires en Afrique équatoriale. Un traité franco-allemand est signé le 4 novembre 1911, laissant les mains libres à la France au Maroc. Tout est désormais en place pour que la France puisse installer son protectorat sur le Maroc. Ce traité, finalement imposé au sultan du Maroc, fut signé à Fès le 30 mars 1912. Par ailleurs, en novembre 1912, la convention de Madrid plaçait le Nord du pays sous protectorat espagnol. Le général Lyautey est nommé premier résident général de la France. Il déplace la capitale de Fès à Rabat. 

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Les révoltes des tribus berbères reprennent et s’étendent dans les régions jusque là pacifiées. Plusieurs colonnes sont constituées et engagées sur différents objectifs : Marrakech (août-septembre 1912), Boujad et Demnat (novembre-décembre 1912),Tadla (mars à juin 1913), jonction Maroc occidental et Maroc oriental à Taza (mai 1914), et enfin khénifra (juin 1914) qui marque la fin de cette rébellion. Le Maroc est unifié, il n’y a plus deux Maroc sous le protectorat français. Depuis le rivage tunisien jusqu’à l’Atlantique la France assure la continuité d’un immense territoire.  La guerre contre l’Allemagne est déclarée, Lyautey reçoit alors l’ordre de transférer les troupes de l’intérieur en France. 

Marie Sylvain André Souquieres est muté au 53ème Régiment d’Artillerie de Campagne le 15 novembre 1914. Promu Capitaine au 107ème Régiment d’Artillerie Lourde le 11 août 1916, il est tué à l’ennemi le 8 octobre 1917 par un obus sur le champ de bataille de Douaumont (Meuse). 

André Marie Sylvain est titulaire de la Légion d’Honneur. 

Son frère Marie Frédéric Gabriel Pierre également capitaine dans l’Artillerie, fut porté disparu en mer au large de la Crète le 26 février 1916 lors du torpillage de la Provence II par un U-boat 35 de la marine allemande. Il est également titulaire de la Légion d’Honneur.

GSDS-MC/YS2009 

La Seigneurie de Roannes

Roannes est le chef lieu de la commune, constituée des anciennes communes de Roannes et Saint-Mary (création par la loi du 19 juillet 1844), ce chef lieu pris le nom officiel de Roannes-Saint-Mary. Le bourg est situé sur l’axe de communication d’Aurillac à Marcolès, aujourd’hui secondaire. L’église de Roannes de style romane, est sous l’invocation de Sainte Barbe dont elle possède les Reliques.

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La seigneurie de Roannes et sa paroisse appartenaient au XIVème siècle, à une famille de ce nom. En 1318, Raoul de Roannes, chevalier en était seigneur. En 1468 Georges de Monteaupan, époux de la seule héritière de la famille de Roannes, reprit le nom de Roannes que ses descendants portèrent. En 1540, la fille de noble Pierre de Roannes décéda sans laisser de postérité, ce fut sa mère, Françoise d’Alègre qui porta le titre de dame de Roannes. 

La famille de Prallat de la Bountat (Saint-Illide) prit possession de cette seigneurie. Guy de Prallat puis vers 1630,  François de Prallat, écuyer en furent les seigneurs. 

En 1655, la famille de Gausserand de Lamothe (Calvinet) s’allia à la famille de Prallat.

gausserand.gifAntoine de Gausserand, fils de François (1575-1644) écuyer et d’Anne d’Omps (-1686) épousa à Roannes le 5 mars 1655, Madeleine de Prallat (-1681), fille de François, écuyer et seigneur de Roannes et de Gabrielle de Carlat. Antoine de Gausserand devint seigneur de Roannes, son fils aîné Hugues prit le titre à sa mort. Hugues de Gausserand (~1656-1726), écuyer et seigneur de Roannes épousa le 26 septembre 1682 à l’église Sainte Barbe de Roannes, Anne (de) Verdier (~1653-1713), ce couple n’eut pas de postérité légitime. Le titre revint alors à la famille de Verdelon.

La famille de Verdelon est propriétaire du manoir de Béteille à 4 km de Prunet depuis 1454, Noble Mondot de Verdelon seigneur de Mayat en était le maître, il était originaire du Périgord. Un de ses descendants François de Verdelon portait le titre de Seigneur de Las Daliés, il épousa en 1594 Françoise de Sénezergues, fille du Seigneur de Réghaud. Il fut gouverneur du château de Salers comme ses descendants et se distingua lors des guerres de religion.

deverdelon.gifSon petit-fils Guinot de Verdelon (1636-1716) épousa le 17 février 1693 à Roannes, Marie de Gausserand (-1738), sœur aînée de Hugues de Gausserand. Ce fut leur fils François de Verdelon, écuyer et sieur de Lacassagne qui prit le titre de seigneur de Roannes en 1726, à la mort de Hugues de Gausserand. François de Verdelon (1695-1766) épousa à l’église Sainte Barbe, le 7 novembre 1724 en secondes noces Marie Verrieres (1704-1766).

La première épouse de François, Marie de Salsac était décédée le 5 octobre 1723. Marie Verrieres est une descendante Souquieres par son arrière-grand-mère paternelle Philipe Souquieres (-1686). François de Verdelon eut une descendance nombreuse : 9 enfants avec Marie de Salsac, 2 enfants naturels de Hélène Lacassagne et 14 enfants avec Marie Verrieres. Sur ces 25 enfants, seuls 12 atteignirent l’âge de la majorité. Son fils aîné, Antoine de Verdelon chevalier lui succéda comme Seigneur de Roannes en 1726.

Pierre Laurent et Antoine furent tellement avantagés par leur père François de Verdelon au détriment de leur demi-sœur Anne Marie, que celle-ci intenta un procès contre son père qui aboutit en 1774 à un arrangement financier avec son demi-frère Antoine, Seigneur de Roannes. Les difficultés financières de la famille de Verdelon à la veille de la révolution, n’étaient pas un cas isolé.

Antoine de Verdelon (1734-1794) contracta mariage avec la fille d’un conseiller du roy au siège présidial d’Aurillac, Marie Delolm de La Laubie (1738-1808), il fut le dernier Seigneur de Roannes. A la révolution, la famille oublia sa particule qu’elle reprendra lorsque la royauté reviendra au pouvoir après l’empire Napoléonien, mais malgré les troubles révolutionnaires, ils purent se maintenir à Roannes dans leurs biens.

Son petit-fils, Hippolyte de Verdelon (1798-1870) fut élu le 6 décembre 1853 maire de Roannes-Saint-Mary, il conserva cette charge jusqu’à sa mort le 25 décembre 1870. Sous son administration, et grâce au don qu’il fit du terrain, le presbytère qui tombait en ruines fut ré-édifié. Il fit également déplacer le cimetière qui entourait  l’église à l’extérieur du bourg.

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Le Château, grosse bâtisse sur la place de Roannes, face à l ‘église Sainte Barbe, fut bien plus tard vendu à la commune qui en fit un bâtiment occupé aujourd’hui par la Mairie et la Poste.

Sources :

Registres Paroissiaux de Roannes et Prunet.

Registres d’Etat civil de Roannes-Saint-Mary.

Dictionnaire statistique du Cantal de J-B de Ribier du Châtelet.

Histoire locale de la ville de Prunet (http://www.genealogie.cantalpassion.com/)

Site de Roannes-Saint-Mary (www.roannes-saint-mary.fr)

Souquieres et Descendants de Souquieres (www.souquieres.fr)

Gleyal en Châtaigneraie (http://pagesperso-orange.fr/claude.gleyal/)

Blasons retrouvés et dessinés par Claude Gleyal, descendant de Souquieres

GSDS-MYC2009


  • Album : Enseigne 2011
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